vendredi 18 décembre 2009

Chili - Iles de Chiloé, Pucon et Santiago


C'est sur les îles de Chiloé, que nous avons choisi d'élire domicile et de faire nos premiers pas au Chili.
Le passage du poste frontière sera une nouvelle fois des plus fastidieux (double tamponnage du passeport, scanner puis fouille des bagages...), réglementé par l'interdiction formelle de faire passer tout produit alimentaire ou végétal (une passagère sera contrainte de payer 200 euros pour avoir passé une orange ! Une nonne se fera grater son banc de prière pour vérifier le type de bois, etc...). Avec l'espace Schengen, on n'a plus l'habitude de fréquenter ce genre de douaniers zèlés et on en devient de moins en moins patients. Comme quoi, avec moins de frontières on vit mieux ;-)


Bref, après un mois un peu chargé en Argentine, nous trouverons à Castro (la ville hein, pas le dictateur) sur la grande île de Chiloé, un hâvre de paix des plus appréciables. Notre petite auberge avec vue sur la mer nous permet de profiter pleinement de paysages verdoyants et reposants ainsi que des petits ports de pêche et autres “palafitos” (maisons en bois sur pilotis) qui caractérisent l'île.




 


Cette proximité avec la mer nous offre une diversité de fruits de mer fraîchement pêchés dans un délicieux mélange alliant oignons, citrons, persil, coriandre, etc... ou encore leur Ceviche national. Hummm on s'en régale encore en écrivant ces lignes...
Nous ne manquerons également pas de déguster de délicieux crabes (servis en grande quantité déjà dépiotés, un plaisir!) et leur Curanto: LE plat typique local des plus nourrissants, superposant une montagne de fruits de mer et......... une espèce de choucroute. Curieux mélange qui ravit néanmoins le bon appétit de Jérémie.

Le temps passé à Chiloé sera aussi marqué par quelques marchés artisanaux, la visite de plusieurs églises tout en bois (extérieurement comme intérieurement) ce qui leur donne un charme et une simplicité que n'ont pas nos nombreux édifices en pierre. Cette étape fut aussi l'occasion de nos premiers bains (de pieds) dans les fraîches eaux du Pacifique lors d'une petite balade dans le parc national de l'île.




Aprés ces quatre jours de repos (bien mérité !), notre voyage se prolonge tranquillement en remontant vers le nord (l'itinéraire, au Chili, est facile à tracer). Nous ferons escale dans la ville de Pucon connue pour sa proximité avec le volcan Villarica encore en activité. On peut d'ailleurs apercevoir depuis la vallée les effusions de fumées qui s'en échappent, témoignant du potentiel d'éruptions toujours présent (dommage qu'il n'ait pas choisi notre passage pour passer à l'action, on se serait fait un super barbecue, ou plutôt une parilla géante !).




Nous aurons l'occasion d'admirer ce volcan dans un cadre naturel magnifique, celui du parc Huerquehue qui sera le terrain de notre première véritable randonnée en montagne, premier exercice d'envergure pour LE genou encore un peu convalescent. Les randos restent cependant douloureuses surtout en descente. Notre petite vietnamienne n'est pas encore complètement prête pour grimper l'Himalaya mais peut toutefois envisager des randos d'une journée sur des sentiers "à difficulté modérée".










Efforts dignement récompensés d'abord par un pique-nique entre de très beaux lacs, puis en fin de journée par des bains magiques dans des termes naturels à flanc de montagne avec de l'eau bien bien chaude et un cadre grandiose.



Le soir même, départ en bus pour Santiago. Nous y serons royalement accueillis par Antoine, un copain de Jérémie. C'est lui aussi un "ancien du Vietnam" qui nous hébergera gentiment dans un quartier très sympa (Las Condes) où les Crystal de l'apéro depuis la terrasse de son 16ème étage nous permettront d'apprécier à leur juste valeur de jolis crépuscules andins.



Petite pause de cinq jours donc, très appréciée dans une capitale moderne, propre et aux aménagements urbains de qualité, dont la localisation au pied de la cordillère des Andes en fait le charme. La ville s'est ainsi formée autour de multiples collines (cerras) offrant des panoramas de la ville très sympathiques.




Qui dit grande ville dit souvent offre culturelle de qualité avec un superbe musée des arts précolombiens rappelant les rites complètement déjantés des peuples incas, mayas, et autres aztèques... (vous savez ceux qui se découpent les têtes, se les accrochent à une corde ou sur des pieux, s'extraient les cœurs lors de joyeuses cérémonies, s'enterrent avec toute leur vaisselle, etc...), des gens sympas quoi... Il n'empêche, leurs sculptures, leurs bijoux ou leurs vaisselles sont extrêment rafinés et malgré leur grand âge, assez jolis.





Signalons également que ce fut le premier tour des élections présidentielles et législatives au Chili, que les rues et places de tout le pays sont alors recouvertes de panneaux électoraux désordonnés et que c'est l'alliance réac' qui est en tête avant le second tour.


Après ces quelques jours passés à Santiago - merci encore à notre hôte pour son accueil et sa disponibilité - nous découvrirons Valparaiso, la Serena puis San Pedro de Atacama mais tout cela, vous le retrouverez dans notre prochain CR, si toutefois nous prenons assez de bus pour avoir le temps de l'écrire...


D'ici là, portez vous bien, couvrez vous comme il se doit et surtout, gardez le moral.


Besos


C. & J.


Les livres du moment: Le jour des fourmis (Bernard Werber) / J'avoue que j'ai vécu (Pablo Neruda).

vendredi 11 décembre 2009

Vidéos en lignes

Pas mal de vidéos uploadées.
Comme pour les photos, cliquez sur le lien approprié dans la colonne de droite.

Il devrait y en avoir beaucoup d'autres dans les 3-4 jours qui viennent...

Bises


vendredi 4 décembre 2009

Le glacier Perito Moreno, Ushuaïa et la Terre de feu

Notre séjour en Patagonie ne pouvait s'envisager sans la visite d'un des seuls glaciers au monde qui continue de grandir: le Perito moreno.
Bizarre cependant qu'il n'apparaisse pas dans les bouquins de Yann Arthus Bertrand ;-)... Il ne doit pas avoir le droit de le survoler en hélicoptère notre opportuniste "ami"...




De toutes façons, des images seules ne sauraient suffire à rendre fidèlement compte de ce spectacle qu'il faut concevoir comme un son et lumière... En effet, plus ou moins régulièrement, on peut entendre une détonation (du genre dynamite), déclenchant la chute d'un pan de glace ! C'est très  impressionnant mais ce capricieux glacier semble prendre un malin plaisir à agir juste quand tu ne le regardes plus depuis quinze secondes alors que tu viens de passer dix minutes à le scruter, halletant, espérant, quémandant presque cette déflagration...



Cette masse impressionnante s'étend sur 5 km depuis le pied de la montagne où il se développe, avance de un à deux métres par jour et en mesure une cinquantaine de haut. On peut dire qu'il ressemble à... une meringue géante. On a presque envie de croquer dedans tellement il est beau avec ses teintes blanches et ses reflets bleus.




Le retour vers la ville d'El Calafate (sorte de station de ski alpine) où nous logeons, se révèle tout aussi grandiose sous la lumière d'un crépuscule dévoilant les splendides couleurs de ces steppes désertiques logées entre lacs aux bleus variés, paturages vert émeraude et montagnes aux sommets enneigés. Quelques flamants roses, moutons et autres oiseaux complètent merveilleusement cet idylique tableau d'un coucher de soleil patagonien.




Alors que nous sirotions quelques bières chiliennes (blondes et rousses) face au glacier, une question finit par s'imposer: "Où va-t-on maintenant ?"

C'est Ushuaia qui l'emporta, dans la derniere ligne droite, sur un coup de tête, personne ne l'avait vu venir. Elle a bien géré sa course la ville de Nicolas Hulot et des fameux gels douches... La ville la plus australe du monde, la terre de feu, "el fin del mundo", comme l'indique les nombreux panneaux longeant notre route, a fait la différence face à ses concurrentes sur le finish...

L'accès à sa somptueuse baie se mérite et nécessitera le passage de 4 postes frontières (2 chiliens, 2 argentins), de longues attentes devant des douaniers ("pas trop vite devant, poussez pas derrière" spirit) qui nous tamponneront deux pages de passeport entières, et le passage du détroit de Magellan sous un vent des plus toniques... La traversée sera toutefois animée par un ballet de dauphins profitant de la houle du bac pour faire quelques sauts devant nos yeux esbobis...

L'organisation d'un bingo des plus mythiques par la compagnie de car nous aidera toutefois à supporter ces longues heures de voyage (dédicace au joyeux luron Nelson qui ne nous lira jamais mais qui mérite de figurer sur ce blog tout comme il a mérité le premier prix: une bouteille de rouge (l'histoire ne dit pas si elle fut bonne...)).

Sous un froid qu'on peut qualifier de "polaire" (n'étant qu'à mille kilomètres de l'Antarctique) (ndJ: enfin bon il n'a pas fait en dessous de zéro non plus...), nous passerons finalement quatre jours à Ushuaïa.

Nos pérégrinations sur cette terre, découverte par Magellan en 1520 mais colonisée finalement que trés récemment (1880), au détriment des autochtones qui la peuplaient (les Yamanas essentiellement) commence par la visite de l'ancien bagne reconverti en musée. Il sera précieusement étudié - à la limite de l'espionnage industriel ;-) - par notre experte en patrimoine de St Laurent du Maroni. A ce titre, chapeau aux bagnards qui ont surmonté des conditions climatiques des plus hostiles !)

La suite du programme s'étalera entre dégustation d'araignée de mer géante, balades dans le parc national de la terre de feu et superbe sortie en bâteau sur le canal Beagle dévoilant une vue de la jolie baie sous un coucher de soleil magnifique...


 
Après observations de lions/éléphants de mer et de cormorans dans leur milieu naturel (sur des rochers sans abri face aux vents glacials, les barjots !) et petite rando sur un îlot (vraiment pas chaud), notre embarcation continuera jusqu'au phare des éclaireurs (en français sur la carte) que la clémence du temps nous a permis d'atteindre. Tout ceci dans une ambiance musicale et chaleureuse en compagnie de quatre autres touristes roumains (dont un supporter du club de la ville Lumière, véridique !) et à bord d'un petit rafio bien sympathique au capitaine ultra festif.








La neige et le froid ne nous empêcheront pas de monter le dernier jour en télésiège jusqu'au glacier Martial. Marie et Grégoire voulaient du froid, ils en ont eu, avec la neige en prime ! Cadeau bonus !
Des journées s'étalant sur près de 20 heures nous permettront de profiter pleinement de ce bout du monde dont le "petit détour" vaut le coup. D'autant que malgré touts les dires des pessimistes, il a fait beau !
Nous y laisserons nos compagnons rentrer vers des climats plus chauds. Merci à vous d'avoir partagé ce périple avec nous, ce fut un réel plaisir et du coup, on viendrait bien squater un peu chez vous d'ici 2-3 mois... ;-)

En ce qui nous concerne, la suite se passera au Chili. Nouveau pays, nouvelles aventures, nouvelle excitation !


Gros bisous à tous, bon courage, merci de vos messages et à bientôt !


C. & J.


Le livre du moment: Un roman français de F. Beigbeder
La playlist : à peu près tous les podcasts de France-inter




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