vendredi 26 février 2010

Guyane française

La Guyane, ça se mérite ! Mais une fois sur place ça en vaut vraiment la peine. Si certains en doutent encore, nous leur conseillons d'aller y faire un tour (hein V., J., J-M & co...). Dépaysement garanti !

Nous effectuerons le trajet Lima-Cayenne non sans difficulté car ce qui devait nous prendre 36h (4 vols et 3 escales) en nous a pris au final plus de 96...
Il y a donc eu quelques petites complications... Tout avait pourtant plutôt bien commencé par un saut de puce à l'aéroport de Panama City, le temps de voir du ciel le célèbre détroit du même nom, séparant les deux continents, de passer au duty free... puis on signe pour une petite douzaine d'heures dans celui de Manaus avant de finalement rejoindre Belém au Brésil.


Et là, c'est le drame... Le volcan de la Soufrière de Montserrat près de la Guadeloupe s'est réveillé spécialement pour nous, couvrant l'île d'un joli tapis de cendres et du coup ben notre avion qui passait par là est bloqué à l'aéroport de Pointe-à-Pitre... Pendant trois jours nous attendrons donc à Belém que tout cela rentre dans l'ordre...

L'avantage, c'est que nous sommes logés dans un hôtel plutôt pas mal aux frais de la princesse Air Caraïbes. L'inconvénient c'est qu'on ne sait pas combien de temps va durer cette histoire et que nous devons être toujours prêts au cas où on repartirait, le téléphone étant susceptible de sonner à tout moment... Nous sommes donc bloqués et condamnés à tester les caipiriñas du bar de la piscine...

Ce sera l'occasion de faire la connaissance d'une vingtaine de joyeux lurons dans la même "galère" que nous. Tout le monde est là : l'antillais dragueur de base, toujours festif et toujours à l'affût, l'homosexuel, le métro cinquantenaire en crise en quête d'une vie meilleure au Brésil, une bande de brésiliennes qui partent pour une semaine en Martinique avec sept paires de chaussures, dix shorts, deux valises chacune et pour ne pas s'encombrer, un transat au cas où elles n'en trouveraient pas sur place... Un pharmacien, un pompier, une jeune retraitée qui a décidé de faire le tour du monde en bateau en tant que skippeur, un directeur de prison, etc... Bref, un casting digne d’une émission de télé-réalité !

Heureusement, nous ferons la connaissance de Bérangère et Yoann, sympathique couple, venus en vacances au Brésil accompagnés de leurs deux adorables petites filles et avec qui nous partagerons repas et discussions en attendant que l'avion daigne venir nous chercher. Évidemment celui-ci se débrouillera pour ne partir qu'à deux heures et demi du mat'... Arrivée 4h00 à Cayenne. Ça fait un peu tôt pour que Marie vienne depuis l'ouest guyanais et notre sympathique couple nous propose alors très gentiment de passer la nuit chez eux, à Kourou. Merci encore à eux pour leur hospitalité.
Le lendemain, direction Mana, dans le petit paradis de Marie et Grégoire au bord du fleuve. On a de la chance, c'est carnaval et Marie peut poser des jours pour bien s'occuper de nous ;-).


Mana, petite ville à une heure de Saint-Laurent-du-Maroni, à la mignonne église bleue en bois est située au bord du fleuve éponyme. Nos hôtes nous accueillent dans leur antre, posé sur pilotis, au bord de la Mana. Nous y passerons une dizaine de jours entre canoë, pêche, lectures, exercices physiques assistés par notre cher coach Wii fit, marché de Saint-Laurent (accompagné de soupe vietnamienne), confection de jus de fruits maison, sans oublier d'aller faire un tour au carnaval (entre filles, bien qu'un peu déçues de ne pas s'être déguisées en Touloulou comme il de doit... Hélicoptère, piqué, la totale...). Nous goûterons aussi une très bonne cuisine créole "chez Sylvain" avec au menu : cochon de bois, pak, iguane et jamais-goûté (excellent poisson au nom amusant, immanquable !) accompagné de légumes locaux. Un régal !
Nos hôtes nous feront aussi découvrir les chutes Voltaire à deux heures de route de Saint-Laurent (enfin, de piste défoncée et difficilement praticable mais du coup bien plus drôle qu'une banale autoroute).


Un vrai petit concentré de vie guyanaise en trois jours : marche dans la forêt vierge, humide et enchanteresse, aux bruits des singes hurleurs et autres aras (grands et magnifiques perroquets), campement dans un carbet, cuisine au feu de bois, bain dans la rivière et ses jacuzzis naturels, nuit dans des hamacs bercés par le bruit de la cascade et ceux de la forêt.


En prime, bien sûr, sinon ça ne serait pas la Guyane, quelques petites bestioles gentilles si tu ne les emmerdes pas (normal !) dont, entre autres, de magnifiques tortues.


 Les garçons réussiront même à pêcher un aymara (heureusement car on avait oublié les merguez, dos au mur, ils surent puiser dans les ressources naturelles qui s'offraient à eux tels de véritables indiens Wayanas) pour le plus grand plaisir de nos papilles, cuit en papillote au feu de fois. Encore un excellent poisson que cet aymara, on vous le recommande chaudement, au pire demandez à Grégoire de vous en pêcher un, il sait y faire !


Tout cela ne nous empêchera pas de nous faire un festin (terrine de pak, aimara, sorbets, rhum, etc...) à l'auberge du coin au retour... Aaaaah les plaisirs culinaires, importante étape de chaque pays que nous visitons !

Suite à ce weekend prolongé, notre séjour en Guyane s'est (trop) rapidement terminé.


On serait bien restés quelques jours de plus, appréciant la vie de sédentaire en compagnie de nos amis et serions bien retournés visiter le bagne, les rizières, etc... Mais toutes les bonnes choses ont une fin comme on dit… Merci encore à vous deux de nous avoir si bien accueillis dans votre si charmante demeure toute équipée en plus (Wii, i-télé, canne à pêche, barbec', fleuve à disposition, etc...), on reviendrait bien le mois prochain mais l'horizon nous appelle, direction la Guadeloupe à présent où les parents de Jérémie nous attendent pour de nouvelles aventures...


Bises de nous deux, portez vous bien.

C & J

  • Playlist : intégrale de Mano Solo (RIP) / Ruda / Grand Corps Malade.
  • Lecture: Shenzen (Guy Delisle) / La méthode Schopenhauer (Irvin-D yalom).

samedi 13 février 2010

Huacachina, Paracas, Lima et la cordillère blanche.

L'épisode précédent se terminait au fond d'un canyon où nous profitions d'une oasis salvatrice. Pour s'arracher à celle-ci, une fulgurante ascension nous attendait. Levés avant même que le soleil ne daigne sortir de sa tanière, ce fut au terme de plus de trois heures d'intense grimpette que nous retrouvions la civilisation...
Vers où diriger nos pas après cette harassante marche en plein soleil ? Encore une question existencielle à laquelle il nous fallait répondre...
Ce fut finalement l'oasis de Huacachina (petit lac, arbres tropicaux et hôtels entourés de grandes dunes de sable) qui fut finalement désignée par le comité central...


Nous nous y prélasserons au bord d'une piscine tout en visitant les Bodegas voisines. Loin de concurrencer leurs voisines argentines ou chiliennes, il est tout de même agréable de s'y attarder et d'y déguster les productions locales de vin et de pisco. Deux d'entre elles nous ouvriront leurs portes (et leurs bouteilles !). Elles s'étendent sur plusieurs dizaines d'hectares et exploitent bien entendu les cépages français les plus répandus dans ce continent : cabernet-sauvignon, merlot, malbec, etc... Sans être extraordinaires, ces productions ont le mérite d'exister.
Ne vous inquiétez pas, on a bien respecté le fameux refrain "Celui qui conduit c'est celui qui ne boit pas" et on a pris un taxi !


A la suite de quoi nous gagnons le bord de mer et le petit port de Paracas pour y déguster une des plus célèbres spécialité du Pérou: le délicieux Ceviche (poissons crus et/ou fruits de mer, marinés dans du jus de citron, piment et oignons) et aller découvrir la péninsule de Paracas.


Un peu inconscients du ca(i)gnard et de la longue marche qui nous attend, c'est la fleur au fusil que nous partons traverser cette grande et désertique étendue de sable à la recherche d'une jolie plage qu'on nous a conseillée. Après quelques heures de marche, un gentil -Walter- nous propose de monter tous les quatre (nous sommes toujours en compagnie de Mathilde et Emilie avec qui nous vivons presque en collocation maintenant) à bord d'un pick-up pas très réglementaire (une petite dizaine de personnes entassées à l'arrière, cheveux au vent) mais aux passagers très sympathiques (ils avaient fini leur boulot de nuit et le patron les emmenait à la plage ! ça c'est du management !). Merci à eux de nous avoir évité la traversée du désert à pied ce qui nous permettra de bien profiter (mais combien de fois allons-nous écrire ce verbe dans ce blog ?) des magnifiques paysages et plages de la péninsule. Une péninsule aux petits airs siciliens, où nous pique-niquerons et prendrons un grand bain de soleil (mais pas de mer, la côte pacifique étant décidément trop froide !).



Mais Paracas, c'est aussi le point de départ vers les îles Ballestas (sorte de "Gallapagos du pauvre") qui abritent en pleine mer des colonies impresionnantes de lions de mer (aux cris imposants), de pétrels, de cormorans, de manchots, etc... Un des intérêts de la visite, outre l'observation de ces joyeuses et sensuelles créatures, consiste à éviter les déjections rejetées par ces milliers d'objets volants identifiés. Les pigeons parisiens étant à côté d'eux de biens petits joueurs. Cela enjolive la visite en y ajoutant le bruit et l'odeur (ndJ: désolé fallait que je la place..).




















Notons également que tous les 4 à 5 ans, le guano (en gros la fiente déposée sur les rochers) est ramassé et emporté par bateaux entiers pour être utilisé comme fertilisant. Honneur à ceux qui exécutent cette sale et écoeurante besogne !


 
Ensuite, direction Lima, capitale péruvienne aux étendues surdimensionnées. C'est une des premières fois que Capucine n'arrive pas à se repérer dans une ville. Traversée par de nombreux périphériques et de longues artères, Lima est une des plus grande ville du monde. Près de deux fois New York en superficie !!! Impressionante mégalopole.

Un peu au hasard nous choisissons le musée national comme étape culturelle du jour. Bingo ! Nous resterons plusieurs heures à parcourir une poignante exposition de photos nous replongeant dans la guerre civile péruvienne (du début des 80's à la fin des 90's). Vingt ans pendant lesquels des illuminés se sont entretués et ont bien entendu embarqué des milliers d'innocents dans leur folie. Vingt ans de massacres, d'attentats, de prises d'otages, de tortures, d'exécutions sommaires. Vingt années de conflits où à l'appel du Sentier Lumineux, du MRTA et de généraux fous furieux bénéficiant d'une impunité officielle, le Pérou a perdu près de 80 000 de ses fils, filles, journalistes, paysans, militaires, syndicalistes, citadins, indigènes... 80 000 morts ! C'est plus que le total des victimes de toutes les guerres du Pérou depuis son indépendance en 1821...
Une belle et émouvante exposition organisée par la Commission Vérité et Réconcialtion mise en place au début du XXIème siècle pour tenter de faire le deuil de ce conflit traumatisant.

Nous terminerons la journée en flanant dans le centre-ville, traditionnelle place des armes, traditionnel couvent (avec en bonus cette fois-ci des catacombes, ça change!).
























Nos pas nous conduiront aussi dans le quartier chinois où l'appétissant canard laqué se revèlera être un piège qui donnera à J. (il préfère rester anonyme) une magnifique tourista...
Retour dans le quartier de Miraflores (où nous logeons), tout en nous arrêtant dans les bonnes adresses conseillées par Lola (merci !).


Nous ne nous attarderons pas plus longtemps dans cette immense capitale et ce sera la cordillère blanche qui nous accueillera pour notre dernière étape péruvienne. Direction Huaraz un peu plus au nord. Nous optons après maintes hésitations (saison des pluies, froid, genou, timing...) pour le réputé trek de Santa Cruz.

Faute de temps (on a un avion à prendre, enfin quatre, j't'expliquerai...) nous le ferons en trois jours au lieu des quatre habituels, ce qui inclut donc un rythme soutenu et des réveils plus que matinaux ! Mais on a décidé de le faire alors qu'il vente, qu'il pleuve et qu'il neige, que nous ayons moins de temps et trois genoux et demi pour deux, nous sommes réalistes, nous exigeons l'impossible...

Réveil à 5 heures du mat', et c'est parti pour trois jours éreintants mais magnifiques. Plus de 50 km parcourus à pieds pour atteindre une altitude quasi équivalante à celle du Mont Blanc, (on est monté à 4760m, qui dit mieux ?) dévalant ou grimpant des milliers de pierres, jouant à l'équilibriste au-dessus des torrents, les jambes parfois dans la boue, traversant pieds nus des eaux glacées et bravant les nombreux moustiques (qui aiment toujours autant la peau de Capucine... J. (l'anonyme de tout à l'heure...) étant toujours accompagné de sa gentille et inséparable tourista...




















Nous y perdrons au fur et à mesure la moitié de notre groupe (fort sympathique d'ailleurs et très cosmopolite, big up aux argentins Leo et Faku :-)) : maux de tête, fièvre, hypoglycémie (en même temps, une allemande végétarienne (pléonasme ?) qui ne mange quasiment rien et rejette le reste, faut pas s'étonner qu'elle galère à 4000m !!!), mal de l'altitude, ampoules... On n'est pas nombreux le dernier jour à voir la montagne des films paramount.




Mais notre joyeuse bande de six (David et Marlène s'étant joint à nous, Carine ayant continué son tdm de son côté), elle, terminera la randonnée dans les délais et avec panache ! Cocorico car avec un catalan et une anglaise nous serons les seuls à réussir le grand chelem.

Petite anecdote amusante, en pleine nuit, J. (toujours l'anonyme du début...) s'était extirpé de sa tente, à la lumière de sa frontale, pour aller délivrer son offrande multi-quotidienne à la nature... Une fois son oeuvre achevée, il se relevait tranquillement... quand il se retrouva tout-à-coup nez-à-nez avec la tête d'une énorme vache un peu trop curieuse qu'il n'avait pas entendu venir à travers la nuit noire et dont les cornes exorbitantes et les yeux brillants lui collèrent une frousse telle qu'il améliora son record personnel du 50 mètres steeple en nocturne...


Notre bonne étoile nous suit toujours nous accordant deux jours de soleil en pleine saison des pluies... magnificiant de plus belle cette randonnée où il nous a été donné de traverser : lagunes aux bleus turquoises, torrents, cascades et autres visions grandioses des monts enneigés de la cordillère avec en point d'orgue l'arrivée en haut du punta Union !


Évoluer librement, entourés de sommets dépassant allègrement les 5000 mètres a ce côté grandiose que seule la nature peut offrir à ceux qui savent lui accorder un peu de leur temps et de leur énergie...


Ajoutons à cela des moments inoubliables comme ce match de football improvisé à 3800m d'altitude opposant notre sélection internationnale (Argentine, France, Australie, Angleterre, Espagne, heu pardon Catalogne ;-)) à des travailleurs saisonniers péruviens qui malgré une belle résistance de notre part nous ont collé un beau 5-3. Altitude = O.P.O. !


Notons également que la cordillère blanche regroupe une cinquantaine de sommets de plus de 5700m et qu'à titre de comparaison, il y en a 3 aux States et aucun en Europe... Ça vous donne une idée du décor.


Exténués mais la tête pleine de beaux souvenirs, nous regagnons Lima le soir même avant de prendre nos avions pour la Guyane le lendemain : encore un lever à 4 h, on commence à être habitués... 35 heures de voyage (à l'heure ou nous écrivons ces lignes, on est déjà à cinq heures de retard...), quatre avions, des heures et des heures de transit... Mais quand c'est pour aller passer dix jours chez Marie et Grégoire en Guyane, on ferait facilement le double. Motivés que nous sommes à l'idée de retrouver nos amis dans ce charmant DOM, histoire de finir notre escapade sud-américaine en beauté !

Grosses bises à tous et portez-vous bien.


Capucine et Jérémie





  • Les livres du moment : Mille soleils splendides (même auteur que les cerfs-volants de Kaboul - Khaled Hosseini - et tout aussi captivant) / Un peu de soleil dans l'eau froide (Françoise Sagan) / Le pendule de Foucault (Umberto Eco).

  • La playlist du moment: The Cure / Manu Chao / Mano Solo (la marmaille nue) - (RIP) et toujours les excellents S. Guillon et D. Porte sur France Inter...

samedi 30 janvier 2010

Pérou - Cuzco, Machu Picchu, Arequipa et canyon de Colca

Nous attaquons notre voyage au Pérou en compagnie de trois sympathiques françaises (et parisiennes pour ne rien gâcher): Mathilde, Emilie et Carine. Aperçues plusieurs fois en Bolivie, nos chemins étant plus ou moins identiques et étant fidèles à l'adage "plus on est de fous plus on rit", nous décidons de continuer le voyage ensemble. Nous sommes maintenant une joyeuse petite bande de 5, prête à parcourir les Andes péruviennes avec le sourire.

Première étape : Cuzco qui est à la fois la ville étape en direction du Machu Picchu et l'ancienne capitale des Incas qui s'y firent construire 12 palais. Chacun le sien pour les 12 chefs incas qui dirigèrent le royaume Quechua dont la période faste ne s'étend en réalité que sur un siècle. Notons que le terme Inca se rapporte spécifiquement aux dirigeants du "royaume" dont les habitants étaient communément appelés les Quechuas, dénomination également de la langue qu'ils parlaient (et que de nombreux habitants des andes parlent encore...).
Il ne reste toutefois plus grand chose des vestiges Incas à Cusco avec l'arrivée des conquistadors espagnols qui ont construit, par-dessus, églises, monastères, couvents et autres habitations. Il reste surtout les murs aux pierres taillées de manière très habile faisant office de fondations.


Cusco ressemble donc plus à une ville coloniale aux petites ruelles pavées et aux bâtisses blanches ornées d'encorbellements qui lui donnent de petits airs de Sucre ainsi que de La Paz pour les maisons construites sur les collines entourant la ville. Il est très agréable de s'y balader malgré la présence peu surprenante de nombreux touristes et des solicitations permanentes qui vont avec...


On peut aussi y goûter leur spécialité: le cuy ou cochon d'inde présenté dans l'assiette dans son intégralité. Excellent !!!


Cusco, c'est le point de départ de la vallée sacrée qui concentre le long du fleuve Urumbamba un ensemble d'anciens sites quechua (dont les plus connus sont ceux de Pisac, Chinchero, Moray et Ollantaytambo) : villes, villages (le temps d'admirer le travail d'orfèvre des tisseuses d'alpaga)....
























...sites agricoles, temples du soleil, temples de la lune... Visiblement ils aimaient vénérer les astres et cultiver pommes de terre, quinoa, maïs, etc... sur d'immenses terrasses bâties -c'est sûr- à la sueur de leur front... 

 

 

Moray étant quant à lui une sorte de "laboratoire agronomique" où étaient testées nombre de cultures en fonction de leur orientation par rapport au soleil, du ruissellement des pluies, des variations de températures, etc...


Nous pourrons également visiter des puits salants sur les hauteurs de Taramba....


La découverte des sites quechua se terminera avec en point d'orgue le mythique Machu Picchu. La découverte de celui-ci se mérite : départ à 3h30 du matin, randonnée dans la nuit noire, gravissant des centaines de marches à la lumière de nos torches... Ça ressemblait à une étape de montagne du tour de France avec ses échappées parfois rattrapées par le pelotton, dont nous faisions partie, impuissants face aux démarrages surpuissants des favoris, nous gravissions à notre rythme les interminables escaliers en lacets. Petits plaisirs bien légitimes lorsque nous dépassions des concurrents ayant présumé de leurs forces et victimes de fringales... Et quand, enfin, nous atteignîmes la ligne d'arrivée, ce fut pour attendre sous une pluie battante l'ouverture des portes. Suspens... Serons-nous parmi les 400 premiers?
Pourquoi une telle compétition? Pourquoi un tel masochisme nous direz-vous? Tout simplement parce que quand on fait quelque chose on aime le faire bien. Et nous tenons absolument à faire partie des heureux élus ayant le privilège d'accéder au Wayna Picchu...
Les gens rentrent au compte-goutte... Ils sont nombreux devant nous... Mais on est confiants, on a bien roulé... On ne sera pas maillot jaune au terme de cette étape mais notre 300ème place nous permettra d'accéder à la fameuse montagne dominant le site. Victoire !
Nous pouvons pénétrer dans la cité encore endormie et attaquer la dure ascension (sur des "marches" irrégulières et glissantes) permettant d'admirer le Machu Picchu qui se dévoile lentement derrière l'épaisse brume du petit matin. On n'y croyait pas tellement l'opaque blancheur tardait à se dissiper. Mais il était écrit que notre bonne étoile ne nous ferait pas faux bond et après deux heures d'attente, perchés au sommet du Wayna, la magie opéra...
Se délestant de son infini manteau blanc, l'ancienne ville quechua s'offrit, dénudée, à nos yeux attentifs et conquis. On se demande encore comment ils ont pu construire tout ça à une telle altitude sans utiliser la roue dont ils ne connaissaient pas l'existence.


Ces blocs de plusieurs tonnes que nous descendrons voir de plus près, constituant des temples, habitations et autres terrasses d'une cité perchée si haut qu'elle n'en est que plus mystique...


Le surlendemain, nous quittons Cusco sous une pluie battante qui présageait en fait des inondations qui frapperont la ville et les alentours deux jours plus tard faisant une dizaine de morts et bloquant l'accès au Machu pendant deux mois...

Notre bonne étoile nous suit et nous emmène vers des cieux plus cléments, direction Arequipa, connue pour son magnifique couvent Santa Catalina (le plus beau qu'il nous ait jamais été donné de voir, ville dans la ville qui s'étend sur plus de deux hectares avec ses cloîtres, jardins, bassins, ruelles et appartements. Il est joliment coloré d'un bleu intense et d'un rouge profond).

Arequipa se situe non loin du Canyon de Colca, deux fois plus profonds que celui du Colorado et vice-champion du monde de sa specialité. Après une journée de bus et 8 heures de marche en plein cagnard, nous déscendons en son sein, accédant à une jolie oasis logée au fond du canyon avec piscines et petites cabañas. Encore un endroit perdu, encore un petit paradis et encore un endroit idéal pour rédiger notre petit CR... En attendant la remontée qui s'annonce dantesque...


De gros bisous à celles et ceux qui nous lisent fidèlement, on pense bien à vous et si le cœur vous en dit -et que votre patron le permet- n'hésitez pas à nous rejoindre...


A la prochaine los amigos !


Capucine et Jérémie.

P.S: Comme d'habitude, retrouvez plus de photos dans la rubrique attitrée, colonne de droite...



dimanche 17 janvier 2010

Sucre, La Paz, Coroico, lac Titicaca


Salut à tous !

Tout d'abord, on s'excuse pour le retard. A l'origine, ce CR devait être plus court mais comme on n'a pas trouvé de wifi pendant près de 15 jours, on l'a prolongé un p'tit peu... Désolé donc pour cette belle tartine mais après quasiment deux semaines sans écrire un seul message sur ce blog, on vous devait bien ça... Bonne lecture.

C'est donc à Sucre (rien à voir avec le royaume de Charlie et la chocolaterie) que nous fêterons la nouvelle année. Capitale constitutionnelle du pays, elle doit son nom à un célèbre général qui libéra la Bolivie (et l'Amérique du sud en général) du joug espagnol au début du XIXème siècle (et devinez qui était son accolyte... Bolivar !).
Ce sera comme (et avec) beaucoup de boliviens, sur la place centrale que nous entendrons les 12 coups de minuit (enfin pas vraiment) accompagnés d'un énorme concert de pétards et autres feux d'artifice dignes de leurs ex-concurrents vietnamiens (pour ceux-là, la fête est finie, le tout puissant PC ayant décidé de les interdire, il parait que c'est dangereux). Le tout accompagné de ce qu'ils boivent tous pour fêter l'événement: un cidre quelconque dont la bouteille ressemble à celle d'un Champagne (on en avait pourtant cherché mais impossible de mettre la main dessus).















 
Nous resterons presque une semaine à Sucre, nous plaisant énormément dans ce petit hâvre de paix habillé de blanc, au centre-ville charmant, aux musées plus que corrects (ce qui n'est pas toujours le cas en Bolivie et dans le reste de l'Amérique du Sud !)...



et en prime, la contemplation de traces de dinosaures fossilisées...



Mais Sucre c'est aussi, non loin, Tarabuco et son marché de textiles colorés (on se croirait dans Tintin et son Temple du Soleil mais sans les incas)...

 

... ou encore ses cafés/restaurants aux allures quelques peu occidentales (que c'est plaisant de se faire de bons plats français en bonne compagnie !), sans parler du magnifique tiramisu du café Mirador offrant de se prélasser au soleil, bouquinant et jouissant, depuis son transat', d'une très belle vue sur toute la ville...

C'est avec un peu de regret et d'appréhension que nous quittons cette jolie ville à taille humaine pour nous diriger vers l'autre capitale bolivienne, La Paz, étape incontournable...

Nous découvrons donc la capitale la plus haute du monde (plus de 4000m) encaissée entre des montagnes plus élevées encore. Ils ont vraiment dû en baver pour la construire à cette altitude et sur de telles pentes...



La Paz est une ville très animée, jour et nuit, elle regorge de superbes points de vue, de rues commerçantes étonnantes et de minibus... Sa réputation la décrit peu sûre mais il ne nous arrivera rien de ce côté là.
Tout ici est pentes, collines, montagnes, quelque peu chaotique, tout est vivant. Où que vous portiez le regard, c'est un mur de milliers de maisons, toutes de briques vêtues, qui vous contemple, magistralement.
























Où que vous alliez, des fresques politisées ou de simples tags vous rappellent que politiquement, la Bolivie se transforme. Il y a eu une élection récemment. Evo Morales, le héros de tout un peuple, l'a une nouvelle fois emporté. Son pays et son mouvement vers le socialisme semblent sur la bonne voie... Ça construit de partout, ça vit, ça grandit, bref... ça avance !


Au hasard des rues, nous trouverons de jolis petits objets archéologiques et nous attarderons dans le marché aux sorcières et sa vente de diverses potions (qui peuvent soigner tous les maux possibles et imaginables (sisi, c'est garanti !) : éviter les accidents de voiture, avoir de la chance en amour, aux jeux, plus de problèmes de calvitie, avoir un fils, devenir riche, etc...) sans oublier la vente de crapaux empaillés, de fœtus de lamas servant d'offrande à la déesse de la Terre encore très vénérée: la Pachamama (Vince et Joy: elle nous poursuit, même leurs verres ils en foutent la moitié par terre pour elle !!!)



La Paz sera aussi l'occasion pour Jérémie de retrouver Adrien G. un ami d'enfance qu'il n'avait pas revu depuis 15 ans et qui nous fera partager ses bonnes adresses culinaires (qu'il est bon de déguster, entre amis, un excellent magret de canard, d'enchainer sur un plateau de fromages français et de finir par un bon café-calva. Le tout à des milliers de kilomètres de Paris et après deux mois et demi sans ces petits plaisirs de la vie...). Un autre soir ce sera à une partie de Risk (sauce bolivienne) que nous serons conviés... Et sur ses conseils, Jérémie ira tester le salon de coiffure bolivien (avec réussite !).
Merci pour tous ces bons plans et votre disponibilité quotidienne, cette étape à La Paz fût, grâce à vous, un réel plaisir.

Merci également pour THE adresse à Coroico car c'est en suivant ce bon tuyau que nous avons quitté La Paz pour cette ville, en quête d'une cabaña perchée en pleine forêt...


Bien nous en a pris de suivre les avis d'un régional de l'étape... Nous nous retrouvons dans un petit paradis, coupés du monde, bien installés dans un cabanon où nous vivons presque en autarcie et goûtons au plaisir d'être en pleine forêt. Entourés d'arbres, d'oiseaux, de fougères géantes, de bananiers et de fleurs, allumant un feu de bois le soir, sirotant une citronnade maison dans un hamac en dévorant des livres, observant la vie des oiseaux, au son des cigales et autres chants d'Amour de nos amis à plumes, le tout à une température idéale.
Bref l'endroit parfait pour écrire notre petit article (presque) hebdomadaire et prendre du bon temps...



Après cette étape des plus charmantes, nous continuons notre périple en direction de Copacabana (oui, en Bolivie et c'est cette ville qui a donné son nom à la plage brésilienne). Nous voici au bord du lac Titicaca, un des plus hauts lacs du monde. Après quelques truites à la plancha, nous levons l'ancre en direction de l'Isla del Sol (merci Lola et Adrien pour vos bons conseils) qui jouit d'une vue imprenable sur le lac. Le lac est tellement grand qu'on se croirait au bord de la mer. Ses différents tons de bleu et les montagnes qui l'entourent lui donnent un charme fou !


































Une après-midi de marche permettra la traversée de l'île du sud au nord pour atteindre notamment des ruines incas (ce n'est que le début avant le Pérou, continuons le chemin !) et le petit village de Cha'llapampa.


 
La tranquilité de l'île où aucune voiture ne circule (de toute façon, il n'y a pas de route !) est un peu perturbée par des cochons, des ânes ainsi que des hordes de moutons et... d'argentins babos, par centaines. Ceux-ci envahissant tous les logements vacants.. Après deux heures de galère nous trouverons finalement un refuge complètement roots partageant une chambre de 5 m² avec un couple d'argentins, une boîte de conserve trouée en guise de pommeau de douche mais avec un patron adorable et où nous continuerons de déguster ces délicieuses trunchas (truites) au bord de la plage tout en admirant ces magnifiques paysages qui s'offrent à nos yeux toujours émerveillés mais jamais rassasiés...



C'est d'ailleurs de là qu'on vous fait des grosses bises à tous, et qu'on vous demande de garder le moral malgré tout... Merci pour tous vos messages, vous n'imaginez pas avec quel plaisir nous les lisons.



C. y J.



Les lectures du moment : Flash ou le grand voyage de Charles Duchaussois, le canard enchaîné (du 4 novembre !), Science & vie spécial Vin.

Rechercher dans ce blog